Julliard (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Monsieur de Diesbach nous montre ces princes, ces grandes duchesses, livrés à leurs instincts, raffinés et pervers. Toute une galerie de personnages étonnants passe sous notre regard. Chaque fois, Monsieur de Diesbach nous captive par un don d'évocation souligné d'une ironie sans méchanceté ; chaque fois, il nous laisse en suspens sur une moralité secrète. On le lit avec une satisfaction sans cesse renouvelée... Monsieur de Diesbach est tout à la fois un conteur classique français et un fabulateur à la manière d'Hoffmann.

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  • Automne 1802. Huit ans après la mort de son épouse, Agnès, tombée sur l'échafaud, après la séparation avec Marie-Douce, son unique amour, Guillaume Tremaine est tragiquement rattrapé par le passé : Marie-Douce, à l'agonie, le fait appeler en Angleterre pour lui confier Arthur, leur fils illégitime. Les choses n'iront pas sans mal. Le garçon rejette en bloc ce père prodigue, son autorité, sa protection, cette famille qui ne peut voir en lui qu'un intrus. En effet, le paisible Adam, fils cadet de Guillaume, oppose une farouche résistance au nouveau venu. Mais Elisabeth, l'aînée, aussi impétueuse que généreuse, acceptera-t-elle ce demi-frère, cause indirecte du drame de sa mère ? C'est alors qu'arrive Lorna, demi-soeur d'Arthur, éblouissante créature et, dans son sillage, les projets les plus troubles : séduire Guillaume, régner sur sa fortune et semer la discorde aux Treize Vents. Parviendra-t-elle à ses fins ? Le maître des lieux sauvera-t-il sa famille, jusque-là préservée contre tous ? Devra-t-il sacrifier l'amour de sa fille à l'honneur ?...

  • A quoi bon grandir ? Telle est la question que se pose Toni, un enfant dont le seul désir ici-bas semble être l'amour qu'il porte à sa cousine Maï. Ils vivent aux Angéliques, une maison située dans les marais des Sphaignes et comme oubliée des temps. Si Maï est jolie ? Oh oui. La plus jolie pour Toni. L'âme soeur, l'unique. A dix ans elle a déjà des lèvres de femme. Elle est assez froide et secrète pour le hanter à chaque instant. Assez orgueilleuse pour faire de lui, au fil des années, un être solitaire, écorché vif, jaloux, dissimulé. Il finit par inspirer la méfiance à tous. A son ami l'Antillais Julius, un manipulateur de charme. A ses parents. A Maï qu'il veut à lui sans partage. Est-ce l'amour frustré qui tue chez Toni l'innocence et la fantaisie ? Est-ce le clan familial replié sur des maux inavouables et qui craint de voir Toni lui échapper ? Si Maï l'aimait Toni pourrait s'accepter lui-même, accepter les mystères et la honte. Comment savoir avec Maï ? Et si jamais elle préférait Julius ? Drame de la solitude, de la jalousie qui ronge et rend fou, Prends garde au loup met en scène les jeux périlleux de l'amour et du désir. Mais qui joue ? Qui tire les ficelles de la comédie humaine ? Le temps finit par emporter les amours, les espérances. Quant au loup, c'est le mal sans visage à l'affût dans chaque instant. C'est le mal qu'on nous veut, celui que nous sommes.

  • Avant de tenir pour Télérama la chronique littéraire où l'on sait qu'elle excelle, Michèle Gazier a enseigné pendant treize ans. A ce titre, qui pouvait mieux qu'elle dépeindre les désillusions des universitaires placées par les hasards de l'exil au tréfonds de lointaines banlieues où elles ont la charge d'inculquer leur savoir à des adolescents rebelles ? L'angoisse est un état d'esprit. Michèle Gazier incarne la fragilité brûlante de ses héroïnes. Ce livre transperce. Il suggère de bouleversantes images et leur instille, couche après couche, l'acharnement têtu d'une succession de fondus enchaînés. C'est comme si, obsédée par la persistance des détresses entrevues, Michèle Gazier montrait encore et encore le visage d'une femme défaite, éternellement renouvelée et cependant toujours étrangement la même. Une prof. Presque une enfant passée sans transition des bancs du lycée à la chaire du maître. Une prof. Une enseignante pleine d'imagination, qui, décalque de ses soeurs submergées par l'insidieuse usure, abandonne un jour toute idée de lutte, et devient, folle recluse, l'otage consentante d'une situation, d'un vocabulaire, dont l'infantilisation confine à la ruine de l'esprit. A l'aune de cet abandon, la raison s'emballe. Rien de surprenant à ce que les rêves brisés de ces nonnes laïques entraînent le lecteur jusqu'à l'extrême bord de la vie.

  • Les secrets de la lumière sont mieux gardés que ceux de la nuit. Jean-Pierre Milovanoff le sait bien, comme il sait aussi découvrir, derrière l'éclat des fêtes mélancoliques et des amours brèves, le drame caché de l'homme qui s'est trompé de destin et qui doit aller jusqu'au bout de la tragédie pour sauver son rêve d'enfant.

  • Lorsque Cléa Resslingen boit sa première gorgée de cognac, elle a six ans : elle en ressent un bien-être immédiat, une sorte de réconfort. Très vite, l'alcool va devenir pour elle une habitude, une servitude. A douze ans, elle vide les fonds de verre, à seize, elle vole pour se procurer cette « médecine » qui seule la soulage et apaise en elle les vieux démons. C'est que, chez les Resslingen, chacun souffre d'une peine ancienne, inoubliable. Que s'est-il passé il y a plus de vingt ans, par un beau jour d'été, au bord de la rivière ? L'un d'entre eux s'est-il fait l'instrument du destin ? Le malheur a-t-il besoin de prendre appui sur un geste, une parole, pour s'abattre sur nous ? Ou frappe-t-il au hasard, sans préméditation, en aveugle ? Tout le drame des Resslingen tient dans ce questionnement douloureux, obsédant. Inconsolables, prisonniers du souvenir de cette funeste journée qui les a brisés, ils interrogent encore et encore leur mémoire meurtrie...

  • Gitan, orphelin, fils de prostituée, Valentin est voué à l'errance. Qui voudrait s'embarrasser du Simploque, bon à rien, pas même à mendier ? On aimerait qu'il passe à la trappe, mais la mauvaise herbe est tenace. On croit que le gitan est parti, qu'il est loin déjà, alors qu'il se sera mis d'accord avec son ombre : va faire un tour, moi je reste. On le voudrait plus loin, qu'il déguerpisse, ouste ! On le voudrait mort, fini, cassé, les bras en croix, la langue pendante. Et, même mort, fini, cassé, on l'assassinera encore, et le faire mourir trois fois ne suffira pas. Car le gitan a plus d'un tour dans son sac, vieux traficoteur ! Voleurs de poules et ensorceleurs, on dit tout et son contraire, mais seuls les gitans savent de quoi sont capables les gitans. Capables de tout. Tio égorge les femmes par dépit. Légitimus protège les petits va-nu-pieds qu'il fait travailler sur la décharge. Grâce à Gina, la fille de joie qui lui offre son coeur, Valentin survivra. Né pour donner la parole aux siens, il les sauve en endossant leurs peines et leur cruauté. Ainsi va-t-il, nourrissant la légende et la grandeur des gitans.

  • Dans la nuit étoilée du 5 au 6 juin 1944, Alexandre Renaud, maire de Sainte Mère Eglise, a vu les premiers parachutistes américains sauter sur la terre normande. Dans les heures qui suivirent, il a vécu la libération de son village, maison par maison, verger par verger. De ses. notes, prises au jour le jour, naît une évocation précise et imagée de ces combats qui décidèrent de la réussite du débarquement. Face à la farouche résistance des Allemands, ces soldats d'élite allaient connaître ici, après l'Afrique et la Sicile, des pertes terribles. Cet ouvrage, publié dès 1945, best-seller des années 1945, 1946, 1947 constitue un témoignage exceptionnel, enrichi dans sa nouvelle présentation de nombreuses photos, dont certaines inédites.

  • Joueurs et surtout perdants, assassins, demi-dieux errants, égarés du royaume des cieux, anges et angelots, quasiment étrangers à la communauté civique, les personnages de Jean-Pierre Milovanoff échappent pourtant au statut de victime.

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  • De Hyères à Florence, d'Istanbul à Trieste, de Palerme à Montpellier, un homme du Sud pourrait trouver dans chaque ville où il s'est provisoirement fixé un lieu révélateur de sa personne et de son destin. S'il entrevoit chaque fois le secret des êtres et des paysages, c'est un mystère sur lequel il n'est pas nécessaire de lever tout à fait le voile pour en éprouver la séduction. En neuf étapes qui occupent près d'un demi-siècle, ce Télémaque provençal cherche le visage du père dont l'absence devient exemplaire, se familiarise avec des figures d'Eros sculptées par les ténèbres et se livre à l'apprentissage sans fin de signes noirs sur le papier blanc. Avec ces récits rapides, incisifs, Marcel Spada poursuit une oeuvre dont la sensualité et l'humour gardent une saveur toute méditerranéenne.

  • Autour de six personnages principaux, c'est toute la vie du théâtre dans les années 80, avec ses anecdotes, ses déboires et ses multiples péripéties, qui nous est racontée dans Une mort de théâtre. Lemaresquier a connu une sorte d'extase en jouant Ce soir on improvise de Pirandello, au festival d'Avignon, Julius se sent déchiré entre son homosexualité et son mysticisme, Edith est blessée par un amant indifférent ; Serge et Emma s'aiment le temps d'un Roméo et Juliette au TNP de Villeurbanne ; VHS, aimable trublion qui, lui, déteste le théâtre, sert de révélateur aux autres. Un jour, après une étape à Venise sous les eaux, le grand navire de la dernière croisière les emporte. Jusque-là, ils auront improvisé, comme nous le faisons tous, nous qui sommes peut-être plus comédiens qu'eux. Un roman à clés, sans doute, car vedettes et comparses pourraient porter des noms connus, et aussi un livre drôle, quelquefois amer, mais toujours chaleureux.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Un homme qui aime les femmes, qui n'aime que les femmes parle librement de sa vie dans la pénombre d'un cabinet de consultation. Il s'est marié, il a écrit un livre, il a eu un métier... Mais rien ne semble l'avoir satisfait. Avec humour, avec fatigue, il évoque les femmes qu'il a connues, les expériences qu'il a faites, et malgré son cynisme, on peut entendre au fond de sa confession comme la plainte d'un enfant perdu. Son monologue est-il l'acte d'un être meurtri qui espère trouver dans la psychanalyse une solution à ses problèmes ? Le lecteur est en droit de le penser jusqu'aux dernières pages de ce récit. Mais le besoin d'aveu, le goût de s'expliquer, l'exigence de vérité peuvent emprunter bien des masques, et c'est seulement à la fin que nous saurons pourquoi cet homme parle et à quelle blessure cachée se nourrissent son ironie et son malaise. De Jean-Claude Brisville dont Albert Camus écrivait au moment de la représentation de sa pièce Saint-Just : « un de nos rares écrivains sachant écrire », on connaissait déjà deux récits, Prologue et D'un amour et un essai La Présence réelle. Avec La fuite au Danemark, récit qui mise sur la voix et s'oppose ainsi franchement à l'esthétique du nouveau roman, il renouvelle son registre et amorce peut-être une réaction littéraire.

  • Cilette Ofaire nous montre dans son nouveau roman les forces de ce qu'on appelle le hasard et celles de la liberté individuelle tisser la trame captivante de l'existence. Le lecteur y suivra, de sa naissance à sa disparition prématurée, le destin d'un jeune écrivain, Daniel Eglise. C'est en partie à travers la confession d'un capitaine de vaisseau, vieil ami de la famille de Daniel, que nous prenons connaissance de l'histoire de ce dernier. Tôt orphelin, élevé par une grand-mère autoritaire qui a trois phobies : l'art, la musique et la poésie, Daniel, dès son adolescence, vit à la recherche de lui-même et de sa vocation ; puis il part à la conquête de sa liberté, renonçant à la fortune de son aïeule ; il part aussi à la rencontre d'une révélation de l'amour qui lui sera donnée par Christine, très jeune et déjà prostituée ; à la rencontre, enfin, du sens de la vie humaine. Bien qu'il ait assez vite connu quelques succès avec la publication de son premier livre, Daniel Eglise se persuade qu'il ne possède pas vraiment son métier : il décide d'apprendre auprès d'une école spécialisée l'art d'écrire. On lui propose un sujet : décrire la place de son village. Daniel s'y exerce indéfiniment sans jamais y parvenir, et cet épisode - qui donne son titre au roman - constitue comme le symbole de sa quête spirituelle. De nombreux personnages, dont la romancière s'efforce toujours de dégager ce qui, si singuliers soient-ils, les apparente à chacun de nous, interviennent encore dans la destinée de Daniel Eglise et y déterminent le réseau d'événements et de rencontres qui font de ce roman mouvementé et profond un récit d'aventure et d'apprentissage en même temps que la somme d'une sagesse généreuse.

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  • Le 16 juillet 1962, Michel Siffre spéléologue et géologue, lauréat de la Fondation de la Vocation, descendait dans le gouffre du Scarasson à cent trente mètres de profondeur, où loin de toute lumière solaire et par une température inférieure à zéro, il avait décidé de rester soixante jours. Soixante jours sans horloge : la notion de temps était abolie. Michel Siffre devait appeler la surface pour signaler le rythme de sa vie; ses correspondants enregistrèrent, sans lui donner d'informations, ses messages. L'expérience qui, sur le plan scientifique, a donné des résultats d'un intérêt particulier, a été troublée par le fait qu'outre les souffrances dues au froid, à la solitude, à l'obscurité, à l'humidité, des chutes de pierre mirent constamment les jours de l'explorateur en danger. Cependant, il ne fut jamais question de mettre fin à la tentative et c'est un être exténué qui revit le jour le 17 septembre. Il croyait être le 20 août. Il n'avait eu pour compagnon qu'une araignée.

  • Le petit jules n'est pas rentré. Le petit jules rentrera-t-il ? Pendant trois jours d'incertitude, un homme - qui approche de la quarantaine - plongé en lui-même, s'interroge et se demande quel hasard ou quelle fatalité ont fait de lui cet homosexuel qui sanglote dans sa chambre, court à travers Paris parmi des êtres qui ne le comprendront jamais - ou qui le comprennent trop et trop vite parce qu'ils sont ses semblables. Les souvenirs de son adolescence provinciale l'assiègent pendant sa pérégrination à travers la ville et il les accueille fiévreusement, espérant trouver une réponse à la question que sa vie lui pose. Car pour la première fois, sous l'effet de la détresse, il éprouve le besoin d'être lucide.

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