• 'L'amour, Malaussène, je vous propose l'amour ! L'amour ? J'ai Julie, j'ai Louna, j'ai Thérèse, j'ai Clara, Verdun, le Petit et Jérémy. J'ai Julius et j'ai Belleville...
    Entendons-nous bien, mon petit, je ne vous propose pas la botte ; c'est l'amour avec un grand A que je vous offre : tout l'amour du monde !
    Aussi incroyable que cela puisse paraître, j'ai accepté. J'ai eu tort.'
    Transformé en objet d'adoration universelle par la reine Zabo, éditeur de génie, Benjamin Malaussène va payer au prix fort toutes les passions déchaînées par la parution d'un best-seller dont il est censé être l'auteur.
    Vol de manuscrit, vengeance, passion de l'écriture, frénésie des lecteurs, ébullition éditoriale, délires publicitaires, La petite marchande de prose est un feu d'artifice tiré à la gloire du roman. De tous les romans.

  • La maladie de Sachs

    Martin Winckler

    Dans la salle d'attente du docteur Bruno Sachs, les patients souffrent en silence. Dans le cabinet du docteur Sachs, les plaintes se dévident, les douleurs se répandent. Sur des feuilles et des cahiers, Bruno Sachs déverse le trop-plaint de ceux qu'il soigne. Mais qui soigne la maladie de Sachs?

  • Sombre dimanche

    Alice Zeniter

    Les Mandy habitent de génération en génération la même maison en bois posée au bord des rails près de la gare Nyugati à Budapest. Le jeune Imre grandit dans un univers mélancolique de non-dits et de secrets où Staline est toujours tenu pour responsable des malheurs de la famille. Même après l'effondrement de l'URSS, qui fait entrer dans la vie d'Imre les sex shops, une jeune Allemande et une certaine idée de l'Ouest et d'un bonheur qui n'est pas pour lui.
    Roman à la poétique singulière, tout en dégradés de lumière et de nostalgie, Sombre dimanche confirme le talent d'Alice Zeniter, révélée par Jusque dans nos bras.

  • Par une nuit décisive un voyageur lourd de secrets prend le train pour Rome, revisite son passé et convoque l'Histoire, dans un immense travelling qui mêle bourreaux et victimes, héros et criminels des guerres de la Méditerranée : une Iliade de notre temps.

  • Apprendre à finir

    Laurent Mauvignier

    Il avait dit : ici, je n'en peux plus. Avec toi je ne peux plus. Alors après son accident, les semaines dans la chambre blanche, son retour à la maison pour la convalescence, ça a été comme une nouvelle chance pour elle, pour eux. Elle a repris confiance et elle s'est dit, je serai celle qui donnera tout, des fleurs, mon temps, tout. Pour que tout puisse recommencer.

    Apprendre à finir a reçu le prix Wepler 2000, le prix du Livre Inter 2001 et le prix du second roman des libraires 2001.

    « Il y a, comme ça, des pages à couper le souffle. Et des phrases d'autant plus envoûtantes qu'elles ont beau être longues, elles portent en elles le rythme de la coupure, brèches de la virgule mais aussi reprises de souffle par celui qui s'emporte. Coupures et emportements d'un monologue schizophrène - et c'est là une réussite : restituer toute la schizophrénie qu'implique la douleur, qu'implique toute rupture, quand on veut encore ce que l'autre ne peut plus - en vrais symptômes d'un deuil rétrospectif. Amour et haine, espoirs et doutes, culpabilité. » (Nelly Kaprièlian, Les Inrockuptibles)

    « Laurent Mauvignier fait admirablement parler les silences, sentir les hésitations, les doutes, la peur de la solitude, l'obsession du malheur. On la voit, cette femme dans son manteau râpé d'un marron défraîchi, le cheveu mou, le visage ravagé d'angoisse, cherchant à deviner sur les traits apaisés d'un époux qui va de mieux en mieux le reflet d'un bonheur dont elle sera bientôt exclue. » (Michèle Gazier, Télérama)

    « Rarement un écrivain aura donné une voix aussi forte à ce déchirement et à cette douleur qu'aucune raison n'allège ni console. Une voix directe et nue, elle-même déchirée, qui ne cherche pas à prendre le relais de la réflexion, qui n'explique rien, qui se contente de pâtir. » (Patrick Kéchichian, Le Monde)

  • Un soir au club

    Christian Gailly

    « L'histoire est classique du buveur désintoxiqué qui, après des années d'absolue sobriété, s'autorise soudain un petit verre. Juste un petit verre. Et replonge. À fond. Mais l'on ne se soûle pas que d'alcool. Parfois on ne retombe que pour mieux ressusciter. Retourner à son vice, à son démon - à son art - ouvre de somptueux vertiges, interdits aux repentis. Voyez Simon Nardis, le nouveau personnage de Christian Gailly. Il a suffi d'un soir au club, un petit club de province, pour qu'il se remette à la vodka... et au jazz.
    Dix ans plus tôt, pianiste renommé, il avait abandonné pour "raisons de santé". Il était devenu bon mari, bon père, bon spécialiste du chauffage industriel, n'écoutant plus que de la musique classique : "À défaut de swing il se gavait de beauté."
    Ayant une heure à tuer avant de rentrer chez lui par le train, il accompagne dans le club un ingénieur dont il vient de dépanner l'usine. Et, d'entrée, il est secoué. Dans l'excellente façon de jouer des trois jeunes musiciens américains, il reconnaît... son style. Un "style qui avait pas mal chamboulé la pratique du piano en jazz".
    Pendant la pause du trio il se met au clavier. La patronne du club le "reconnaît" à son jeu. Bientôt elle le rejoint sur l'estrade, se penche vers lui, reprend la mélodie au vol. Et c'est le bonheur qui revient. Fulgurant. La nuit qui suit et le lendemain, entre cet homme "près de la retraite" et cette femme "qui avait bien l'âge qu'elle ne faisait pas" va s'amplifier et se concrétiser ce bonheur. Jusqu'à se vouloir éternel. Et la femme de Simon dans tout ça ? Elle arrive. En voiture. N'en disons surtout pas plus. Il serait criminel de dévoiler ne serait-ce qu'un soupçon de la suite de l'intrigue, elle-même criminelle. À sa façon. » (Jean-Pierre Tison, Lire)

    Un soir au club a reçu le prix du Livre Inter en 2002.

  • A Paris, en 1980, alors qu'il "accompagne" sa belle-fille dans sa lutte contre un cancer, le narrateur est repris par le souvenir de Stéphane, l'ami de jeunesse, l'homme qui l'a initié à l'escalade, au dépassement de la peur, avant d'entrer dans la Résistance et de mourir dans des circonstances énigmatiques.

  • Quoi de neuf sur la guerre? En principe rien, puisqu'elle est finie. Nous sommes en 1945-1946, dans un atelier de confection pour dames de la rue de Turenne, à Paris. Il y a là M. Albert, le patron, et sa femme, Léa. Leurs enfants, Raphaël et Betty. Léon, le presseur. Les mécaniciens, Maurice, rescapé d'Auschwitz et Charles dont la femme et les enfants ne sont pas revenus. Et les finisseuses, Mme Paulette, Mme Andrée, Jacqueline. Et il y a l'histoire de leurs relations et de leur prétention au bonheur. Dans l'atelier de M. Albert, on ne parle pas vraiment de la guerre. On tourne seulement autour même si parfois, sans prévenir, elle fait irruption. Alors les rires et les larmes se heurtent sans que l'on sache jamais qui l'emporte. Alors, «ceux qui ont une idée juste de la vie» proposent simplement un café ou un verre de thé avec, au fond, un peu de confiture de fraises. 1981-1982. Le journal intime de Raphaël, alors qu'en France progressent les activités antisémites. Trente-cinq ans après, quoi de neuf sur la guerre? Rien de neuf sur la guerre. Parce que, comme le disait M. Albert en 1945 : «Les larmes c'est le seul stock qui ne s'épuise jamais.»

  • Un écrivain raconte au présent un tragique fait divers ancien et relate au passé la brisure de sa vie présente. Un grand roman sur la création et son double : l'inspiration.

  • " Avec Ouest, François Vallejo signe peut-être son livre le plus abouti. Le plus terrible en tout cas. Fixant sans espoir de fuite chacun à son rêve, quand bien même son illusion aurait pâli. Un roman qui ébranle sans proposer de consolation, n'est-ce pas là l'une des forces vitales que seule la littérature procure ? " Le Monde
    Un soir, aux tréfonds des terres normandes, un garde-chasse se découvre un nouveau maître. Le vieux baron de l'Aubépine est mort. Un fils le remplace. Lambert était un serviteur à l'âme trop près de ses bois pour s'entendre avec l'Aubépine le Jeune, pétri de folies politiques, d'obsession des corps et de maladie rentrée. Et pourtant...

    Ouest, c'est l'histoire d'un huis clos où deux hommes se détruisent dans l'indifférence d'un paysage. La terre détrempée s'englue sur les chaussures, la pluie colle aux yeux, les odeurs de gibier flottent sans fin et les matins sont seigneurs des forêts.

    Ouest, c'est l'histoire d'une jeune fille à la peau de dentelle, d'ingénues fines et de demi-mondaines égarées. Dans le château des Perrières, le calvados sert l'oubli, et l'inquiétude, insidieuse, enténèbre les chairs.

    Ce roman a reçu le Prix du Livre Inter en 2007.

  • Les Duchemin s'entassent dans une baraque, entre le cimetière et la décharge publique. Noémi rédige ses souvenirs à la demande de son institutrice. Adolescente sensible, surdouée, son style est capable de transformer en féerie la réalité sordide. Elle a l'espièglerie ravageuse de la Zazie de Queneau.

  • En 1989, l'ingénieur Joshua Hopper retrouve à New York un ancien ouvrier mexicain, seul témoin d'un chantier ferroviaire qui a englouti dans les années 1950 des sommes considérables, mobilisé des milliers d'hommes... mais qui n'a pas laissé la moindre trace.
    Le récit de Grís Bandejo entraîne Josh à Minas Blancas, une petite ville au sud de la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Là, au seuil du désert, l'ingénieur français Georges Bernache et sa femme Florence, une Américaine, ont dirigé les opérations sans qu'un pouce de rail soit posé. Pourtant les ouvriers n'ont cessé d'affluer : pendant des années, ils ont creusé sous terre un tunnel destiné à les conduire aux États-Unis.
    Joshua découvre peu à peu la vie de ces deux expatriés, isolés avec leurs enfants au milieu d'une foule mexicaine qui les fascine et les inquiète. Entre les murs du jardin des Bernache, miracle de verdure dans ce paysage pierreux, leur fille Suzanne et leurs jumeaux grandissent avec bonheur sous le regard de l'aîné, Niño, enfant adopté aux airs de dieu aztèque. Mais bien qu'ils soient complices de l'entreprise des clandestins, Georges et Florence savent aussi qu'elle risque à tout moment de les détruire.
    Dans ce roman sensible et puissant, l'histoire d'une famille se mêle à l'épopée des migrations modernes.
    Cloé Korman est née en 1983. Les Hommes-couleurs est son premier roman.

  • L'homme-soeur

    Patrick Lapeyre

    L'Homme-soeur raconte l'histoire d'un amour incestueux : celui qu'éprouve Cooper - le personnage principal - pour sa soeur. Amour à distance, amour doublement impossible, puisque la soeur de Cooper vit aux États-Unis. De temps en temps, il reçoit une lettre, un mail, un appel téléphonique, parfois une photo mystérieuse, qui sont comme de brèves illuminations dans sa vie de prisonnier volontaire. Car il est devenu le prisonnier de son attente. L'Homme-soeur est donc d'abord un livre sur l'obsession et sur la solitude de l'attente ; étant précisé que la solitude de Cooper est tout à fait paradoxale et déconcertante, car elle est peuplée de jeunes femmes - quelquefois tarifées - auxquelles il s'attache subitement comme si chacune pouvait être le double ou la remplaçante introuvable de sa soeur. En fait, Cooper mène une vie d'agent double, qui trompe tout le monde, ses voisins, ses collègues, ses amis, ses conquêtes féminines, sans deviner qu'il sera pris un jour à son propre piège et que son obsession finira par le dévorer. Lorsque sa soeur reviendra enfin, il sera trop tard : Cooper sera devenu méconnaissable. Histoire dramatique, écriture légère, parfois même gaie : de ce personnage en proie a une idée fixe finit par se dégager une poésie étrange, allusive, triviale et métaphysique où toutes les nuances se conjuguent pour suggérer un au-delà rêveur et décalé de la psychologie.

  • Des choses idiotes et douces est le second volet d'un diptyque dont En prison est le premier. Dans En prison Frédéric Boyer racontait le lent évanouissement d'un homme que la culpabilité mais aussi la compréhension, et la compassion, amènent à se fondre parmi les prisonniers. Cette fois, il nous décrit l'impossible réadaptation de Cody, qui est resté près de 20 ans derrière les barreaux. Son refus de sortir et, une fois qu'il est sorti, qu'on l'a obligé à sortir, cette manière qu'il a de refuser l'air libre, la vie, de s'enfermer à nouveau. Et d'entraîner avec lui, Tom, celui qui devait au contraire l'aider. On retrouvera dans Des choses idiotes et douces, comme dans En prison, le même lyrisme désespéré, la même humanité désolée mais aussi, constamment présente, une semblable colère contre le sort fait aux hommes qui ont trébuché. Cela n'est pas juste qu'un homme ait à souffrir des choses idiotes et douces de l'existence quotidienne.

  • L'enfer

    René Belletto

    Parfois, on se sent comme loin de sa vie. Si loin qu'on pense même à... Michel Soler, seul dans une ville déserte et terrassée par l'été, en est à ce point d'éloignement. Désespérément disponible, et prêt à tout... Et soudain TOUT lui arrive. Un destin mauvais fait apparaître sur sa route des hommes et des femmes également fatals - et un enfant, diabolique et adorable... Et ce destin mauvais le jette au coeur d'un mystère humain et inhumain, au coeur d'une machination de terreurs, de violences, de morts et d'amours qui sont de ce monde, et qui n'en sont pas. C'est pour Michel Soler l'occasion d'une renaissance, pense-t-on. L'énergie de son désespoir, sa force et sa fragilité redoutables, son indifférence et sa tendresse désarmantes, sa folie et son humour à périr dans les ricanements le font échapper aux pièges infernaux. À moins qu'ils ne l'y précipitent...

  • « Mon père n'a connu que des hommes qui n'étaient pas son père, on lui en trouva un, de père, lorsqu'il avait dix ou douze ans, on changea son nom, et même son prénom pour le défaire de son passé, il s'appelait Raymond Quisserne et devint tout à trac Roger Harang, il nous a donné ce nom d'emprunt sans nous dire jamais qu'il n'était pas le sien. »
    Jean-Baptiste Harang

    Dans la maison de ses grands-parents paternels, à Dun-le-Palestel, dans la Creuse, tombant par hasard sur le livret militaire de son grand-père, Jean-Baptiste Harang apprend la véritable identité de son père, alors décédé. Cette découverte tardive, qui met en cause son propre nom et lui laisse entrevoir une généalogie inconnue, bouleverse aussi le regard de l'auteur sur l'homme, qui, jusque dans la mort, choisit de dissimuler à ses enfants le mystère de sa naissance.
    De la maison qui recela si longtemps le secret de l'identité paternelle, Jean-Baptiste Harang dessine l'architecture intime, de pièce en pièce, pour tenter de cerner l'énigme familiale. De la chambre du cousin Arthur à celle des grands-parents, de la cuisine au grenier, de la « gare » (le grand-père était « correspondant SNCF ») à l'escalier, il exhume les souvenirs au long du siècle, jusqu'à retrouver sa propre enfance ; redonnant vie aux êtres qui tour à tour peuplèrent la maison de Dun, il traque dans ces lieux familiers les pans d'ombre, en quête d'une histoire clandestine. Dans la chambre de la Stella, une gravure coquine est depuis toujours accrochée au mur au-dessus du lit. Elle s'intitule « La visite du docteur »...

    Pélerinage de la mémoire, archéologie d'un mensonge et roman-vrai des origines, le dernier livre de Jean-Baptiste Harang émeut autant qu'il impressionne par la concision et la force de son style.

  • Un bouchot, c'est l'ensemble des pieux, en Charente-Maritime, fichés dans la vase, auxquels s'agglutinent les moules. Mais le Bouchot, c'est aussi le nom de la maison - du baraquement devrait-on dire - qui s'enfonce lentement dans la vase du marais charentais où vit une singulière famille. Celle de Monsieur le Juge, parti en Tunisie rejoindre une nouvelle affectation, laissant derrière lui épouse et enfants. Le Bouchot, ce pourrait encore être Térésa violoncelliste et accordéoniste à ses heures, la femme de Monsieur le Juge. Mais avant tout, le Bouchot est la véritable souche à laquelle s'accrochent, pour survivre, les enfants, Zino l'aîné, obsédé par les squelettes, Océan la narratrice, mais aussi Nonno, le grand-père italien, flûtiste, et Zia, la grand-tante pianiste, éternels amoureux. Le Bouchot, c'est huit ans de la vie d'une famille peu ordinaire qui, par la musique et le rire, métamorphose le sordide en truculence et le drame en cocasserie. Un univers rude et merveilleux, plein de bruits et de fureurs soudaines, de farces, de folie, de drames, de drôlerie.

  • On a beau se défendre contre l'horreur du monde, elle finit toujours par vous gagner. Mais les écrivains, surtout quand ils ont le goût du fantastique, savent lui résister mieux que d'autres : la poésie doit sécréter d'offensifs anticorps. Avec Marcel Schneider, la guerre et ses calamités rentrent dans le rang de l'imaginaire, la Forêt Noire reste la terre d'élection du romantisme, malgré les S.S. qui rôdent ; les Vosges gardent leur mystère en plein conflit, l'Alsace sa sensibilité singulière, la Prusse son aura païenne, et même la Turquie lointaine, la Cappadoce, ou l'Angleterre, échappent aux blessures de l'histoire, quand un romancier les contemple à "la lumière du Nord", celle du rêve, des miracles, des rencontres et des aurores boréales. De Fribourg au château d'Oubli, en pays cathare, de Koenigsberg à Constantinople, avec un petit détour par le Marais de Nicolas Flamel et les Halles de Ravaillac, c'est un Marcel Schneider insolite qui promène ici sa curiosité, un instant retenue par les ravages du réel. Mais on ne tarde pas à le retrouver tel qu'en lui-même son talent nous l'a rendu familier, conteur aérien de songes et de visions, où sans doute se cachent les seules réalités qui valent encore en ce monde un peu d'attention.

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