éditions È®E

  • "En attendant que de nouvelles fictions constituantes soient élaborées, on pourrait considérer que l'une des fonctions intéressantes de films comme Fight Club serait de potentialiser ce que certains appellent aujourd'hui l'insurrection des consciences : ni analgésique, ni proposition véritable d'un dehors persistant à la totalisation globale, Fight Club indique simplement la nécessité consistant à se forger ses propres dedans, pour faire de l'espace, pour forcer les dehors.
    S'il y a bien un processus de désublimation, celui-ci n'est pas sans fin et sans fond, et rien n'empêche l'énergie sexuelle d'halluciner ce qui lui manque en plein coeur de ce qu'on lui propose comme mode de vie compacte, et avec ses matériaux. C'est même, à bien suivre les textes freudiens, la condition initiale du désir. Avant que de savoir ce qu'il faut faire, il faut d'abord savoir halluciner. Mot de passe : non pas rechercher une nouvelle culture supérieure, mais creuser le désir fou. Exiger l'impossible."

  • En évitant le clivage binaire très en vogue actuellement, le "pour ou contre Alain Badiou", Frédéric Neyrat interroge la théorie du sujet chez le philosophe français, coeur de son livre L'être et l'événement. Avec en ligne de mire une question : comment l'écologie politique peut-elle modifier le devenir d'un monde au bord du vide ?

  • Comment devenir une star de la chanson, soigner son animal préféré, rencontrer des amis ou organiser une soirée ? Autant de questions existentielles extraites de forums online : bienvenue au royaume des questions écureuil. Santé, droit, business, sexe, bricolage, philosophie (entre autres), tout ce qui constitue la vie d'un individu au XXIe siècle se trouve consigné ici par fragments, révélant les angoisses, les désirs, les préoccupations du quotidien. Retranscrites sur des post-it pour mieux en souligner l'aspect fragile, les questions écureuil, drôles, tristes, voire franchement inquiétantes, sont à l'image de nos vies de démocrates-consommateurs : vaines, en manque d'appui terrible, et cruellement anecdotiques.

  • Style Sarkozy

    Éric Arlix

    "On le dit au plus bas, il est en fait au plus haut.
    Et c'est vraiment difficile." De quel style Sarkozy est-il le nom ? Voilà ce qui pourrait constituer la trame de ce livre, dans lequel Éric Arlix plonge en plein coeur de "l'esthétique" sarkozyste sans jamais citer le nom du président.
    Sarkozy est un artiste : son style est inédit. Il est ce style que le libéralisme attendait. Il raconte des histoires, il est le produit de son époque.

  • ISBN : 978-2-915453-68-3 Au début il y a une jeune fille au milieu du monde, sur une île, qui possède une capacité singulière à vivre "le mystère et l'abstraction". Puis il y a un dialogue, entre un homme et une femme. Puis il y a le monologue d'un homme. Qui sont-ils ? Peu importe. Que font-ils ? Aimer, dire et chercher à trouver une voix intérieure, la voix du monde. Car le coeur de ce livre, n'exposant pas de personnage mais des figures charnelles et sensibles, c'est bel et bien la langue et le comment dire.
    L'auteur tisse les réseaux d'une carte du tendre où la grammaire fluide exp(l)ose un flux continu d'affects, d'impressions et de questions. Point de rhétorique ici, ni de théorie. Mais un déluge de sens à creuser toujours plus en profondeur.
    C'est aussi un livre d'amour. Sur les mystères de l'amour, du langage et de nos vies qu'il nous faut reconquérir par la parole.

  • Démarques

    Pascal Le Coq

    Conformément à l'entrée n°167 de l'encyclopédie OXO, ce numéro reproduit sur fond blanc des marques commerciales rendues illisibles par effet mosaïque ; ce procédé utilisé par la télévision pour éviter toute publicité clandestine dans les reportages focalise paradoxalement l'attention sur elles.

  • Chirurgie

    Philippe Adam

    "Bien sûr, dans un premier temps, il ne serait pas trop question de bouger les paupières, ni de sourire, et surtout il faudrait ne rien faire, éviter de sortir pour ne pas s'exposer aux rayons du soleil, les ultraviolets étant nos ennemis, comme chacun le sait, la moindre exposition au soleil précipitant le vieillissement de cette peau si chèrement préservée, entretenue, et maintenant retendue et belle, pour le moment protégée par les fines lanières d'une gaze très douce, nos visages se devinant derrière les bandelettes, rouges et roses entre les alvéoles du tissu, d'un rouge éclatant, virant parfois au bleu, parfois à l'ocre de l'arnica qui recouvrirait pendant quelques semaines nos chairs encore congestionnées, des boursouflures apparaissant, ici et là, aux endroits les plus fraîchement recousus.
    Tout nous serait contre-indiqué".

  • Vous êtes à Paris, c'est tout.
    Vous avez de la chance.
    Profitez-en.
    Vous n'avez pas le grand boudha de Kamakura sur les bras.
    Vous pensez trop.
    On ne vous a pas demandé d'imiter la Joconde On ne vous a pas demandé de la peindre.
    On ne vous a rien demandé.
    Rien.
    Vous êtes venue ici.
    Vous y êtes.
    C'est tout.

  • "La jolie maison est un but, un projet de vie, une entourloupe architecturale véhiculant du bien-être comme avant, de la super stabilité pour la famille nucléaire absolue, qui, au cours du siècle, s'est libéralisée, individualisée. Toute tentative d'attaque du projet de la jolie maison est vouée à l'échec, inaliénable, la jolie maison proche commerces, 10 minutes du centre ville ou le calme est exigé, est un but, un projet de vie, une entourloupe architecturale véhiculant de la super stabilité absolue. Partout sur la carte, les territoires de jolies maisons sortent de terre (en mode zombie ?) véhiculant le calme exigé, la stabilité absolue de la famille nucléaire et formant un cadre de vie entièrement dédié à la performance de son potentiel de réussite de vie (proche commerces ?), une entourloupe libérale, une attaque du bien-être. Mais qu'importe, la jolie maison, avec son architecture de l'entourloupe et son calme comme projet de vie, est la cellule (en mode tombeau ?) nucléaire de formes de vie basées sur la performance de la stabilité pour certains, de la réussite pour d'autres et qui, de toute façon, est inaliénable et vouée à la réussite des individus et des entourloupes."

  • Client Zéro

    Patrick Bouvet

    Commerce du corps, de l'âme, ultra-dépendance à une société de consommation anxiogène dont il ne peut se défaire, voici ce que le Client zéro subit. Il n'est pas seul. Ils sont des millions.
    Client zéro est composé d'un unique texte poétique.

  • Flashes

    Patrick Bouvet

    Des guerres, des artistes, des morts, des vivants... Une petite fille perdue dans une bousculade ou Michel, 48 ans, qui "s'éclate dans les soirées karaoké".
    Autant de visions, de "flashes", de mini-portraits qui font état d'un réel éclaté et déroutant.

  • Chez l'individu contemporain, les décalages avec le réel sont fréquents et le ciel est à l'envers. Tout ce qui l'affecte, son monde, ses collègues de travail, sa vie, mérite une reprise en main.
    En cinq textes poétiques courts, aux vers secs et percutants, Patrick Bouvet s'imprègne de notre quotidien pour en révéler l'absurde cacophonie.

  • Expérience

    Patrick Bouvet

    L'expérience de l'artiste mis en scène se juxtapose à l'expérience de l'individu lambda mis en scène qui se juxtapose aux expériences de milliers d'autres individus mis en scène, dans un flot de micro-récits. Entre eux se tissent des images et un soi mouvant, inaccessible et dérisoire.

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